CAP A L'OUEST A LA DECOUVERTE DE NANTES



mémorial de l'abolition de l'esclavage. Nantes


2013 est une année que je ne suis pas prête d'oublier !

Tout simplement parce que c'est celle durant laquelle j'ai enfin pris conscience de mon addiction aux voyages comme je le racontais récemment au cours d'une interview donnée au blog Les Découvertes d'Aamlorie ici.

Sans le savoir, je venais en effet, de donner naissance à une tradition : celle de célébrer mon anniversaire en m'évadant quelque part.

Une habitude à laquelle je ne déroge d'ailleurs plus comme en atteste mon séjour en hôtel-prison d'il y à quelques semaines.

     Mais en janvier 2013, j'en ai surpris plus d'un en annonçant la destination que j'avais choisie pour se faire.

Nantes.

La "capitale" du département de la Loire Atlantique était alors sous les feux des projecteurs, d'une part, parce qu'elle avait, quelques mois plus tôt,  donné à la nation son premier ministre en la personne de  Monsieur Jean Marc Ayrault, ancien député maire  de la ville et, d'autre part,  parce que s'y s'étaient cristallisées toutes les oppositions au projet aéroportuaire Notre Dame des Landes.

   Quant à moi, cette ville m'a attirée pour trois autres raisons. 

D'abord parce que j'y ai découvert, peu de temps avant mon anniversaire, un hôtel atypique dont je suis immédiatement tombée amoureuse.

Ensuite parce que j'ai été intriguée par son passé historique.

 C'est, en effet,  au départ de Nantes que partirent presque la moitié des expéditions françaises liées au commerce triangulaire.

 Il y fut aussi signé, en avril 1598, le célèbre édit de tolérance,  promulgué par le roi Henri IV mais ultérieurement révoqué (en 1685) par le roi Louis XIV, lequel mit fin aux guerres de religion et accorda des droits aux protestants.


Enfin parce que Nantes rimait aussi avec la possibilité d'aller découvrir  les marais salants de Guérande.

  L' occasion  rêvée pour y faire ma provision de fleur de sel, l'ingrédient magique qui vient terminer l'assaisonnement de quelques unes de mes recettes ! (quand je vous disais que le choix de mes destinations touristiques pouvait également être guidé par mes découvertes culinaires).

   Telles sont donc les raisons pour lesquelles Nantes m'est, dès lors, apparue comme la destination de choix pour fêter cette nouvelle bougie.

Avec du recul, je me dis que j'aurais dû me douter que m'y rendre en plein mois de janvier, alors que des tempêtes de neige étaient annoncées, n'était pas forcément une idée très lumineuse.

Les conditions météorologiques risquant de, de facto,  constituer un obstacle de taille à mes flâneries dans la ville.

Reste pourtant qu' à quelques jours de ce fameux week-end, l'excitation de cette imminente échappée semblait m'avoir ôtée toute ma lucidité habituelle.

   Mais mon arrivée à Nantes, le vendredi soir de mon anniversaire, sous des bourrasques de neige et alors qu'un vent glacial soufflait sur la ville ont vite fait, en me frigorifiant, de me faire prendre conscience de la dure réalité climatique des lieux.

La raison reprenait ses droits.

Si j'ai donc du m'adapter en renonçant  à certaines visites que je comptais faire initialement, telles que celles de la cathédrale, des œuvres de l'estuaire ainsi que la découverte de Guérande, j'ai néanmoins réussi, durant les 36 heures qu'aura duré ma jolie escapade nantaise, à explorer quelques uns de ses lieux emblématiques ou pas, que je vous laisse à présent découvrir en images.

 DORMIR DANS UNE CHAPELLE



lobby du Sozo Hotel

   Je vous avoue que c'est la découverte fortuite, sur internet, du Sozo Hotel qui m'a, en premier lieu, poussée à envisager Nantes comme destination où fêter mon anniversaire.

   Et il n'y a pas à dire, cet hôtel, situé en face du Jardin des Plantes et à quelques centaines de mètres de la gare de Nantes, est une pure merveille !

Moderne, design, à taille humaine, mais surtout insolite car l'établissement a été aménagé, avec beaucoup de goût, dans une chapelle du 19 eme siècle, cachant bien des secrets dont je vous parlerai un peu plus loin :)

J'en suis tombée amoureuse aussitôt après avoir franchi ses portes.

 Lobby très "rock 'n'roll" alliant peintures façon pop art et fauteuils aux formes étonnantes et aux couleurs plutôt flashy.

Toutefois ce bref aperçu, déjà prometteur, ne laissait rien présager de 
 ce qui m'attendait quelques étages plus haut.

    Car oui l'attrait du Sozo hôtel réside véritablement dans ses chambres où vous pourrez, au choix, vivre l'expérience de dormir dans la sacristie, dans les absides, sous des voûtes ou au cœur même de l'édifice religieux  en ayant une vue panoramique sur de magnifiques vitraux !

J'ai, pour ma part, très vite opté pour la parenthèse séduction, qui, soit dit en passant, en est clairement une !

Pas de publicité mensongère ici !

   Ainsi, je me suis endormie et réveillée dans une chambre, véritable cocon  aux plafonds voûtés, laquelle, luxe suprême, m'offrait  une vue imprenable sur des vitraux d'une beauté sans pareille !

Un plaisir dont je ne me suis pas du tout lassée  !!!

Restant même de longues minutes, au réveil, à m’émerveiller devant ces œuvres d'art.

S'il vous fallait une raison valable pour  succomber à la tentation de cet écrin nantais, la voila :)

Ah, j'oubliais :

pour les amateurs de nectars délicats, nul doute que le bar situé dans la nef de la chapelle saura vous épater !!

En outre, le service très prévenant et efficace du personnel de l’hôtel ainsi que les délicieux petits déjeuners, à base de produits locaux, ont achevé de me convaincre que le Sozo Hotel est une superbe halte.

Un établissement que je vous recommande donc les yeux fermés !!


dans la chambre aux superbes vitraux














le lobby et le bar






l'extérieur de l'hôtel de jour et de nuit




EN APPRENDRE DAVANTAGE SUR LE PASSE NÉGRIER DE LA VILLE


plaque aux abords du mémorial

Rare sont les villes qui assument leur passé négrier.

Si je savais que Bordeaux ou La Rochelle avaient, en partie, fait fortune grâce à la traite négrière, j'ignorais en revanche, et ce jusqu'à l'inauguration  en 2012 de son Mémorial de l'Abolition de l'Esclavagequ'il en était de même pour Nantes. 

Selon les historiens, près de la moitié des expéditions françaises liées aux commerce triangulaire seraient en effet parties de cette cité du Pays de la Loire.

   Le choix de l'emplacement, le long du quai de la Fosse, de ce mémorial  a une valeur hautement symbolique dans la mesure où c'est là qu'accostaient aussi bien les bateaux en partance pour l'Afrique que ceux revenant du Nouveau Monde.

A l'aller les navires était chargés de divers biens, de faible valeur, offerts en Afrique, aux rois notamment, contre des esclaves.

Ces derniers étaient ensuite revendus dans les Antilles ou dans d'autres colonies d’Amérique en contrepartie de denrées, telles que le sucre ou le cacao, lesquelles étaient ensuite rapportées en France.

   Avant même d'accéder au mémorial, le visiteur est tout de suite invité à la réflexion car  sur le quai, qui y mène, sont apposées au sol des plaques de verre qui rappellent  le nom des navires négriers nantais qui prirent part à ce commerce ainsi que les ports dans lesquels ils firent escale.

A mon sens, il s'agit d'une subtile façon de commencer à prendre conscience de la traite négrière avant d'atteindre, après avoir descendu un escalier menant sous le quai, le cœur de ce mémorial, en partie  souterrain, que j'ai  trouvé admirablement bien conçu.

   D'entrée de jeu, le grand panneau rappelant l'article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, qui prohibe toutes formes d'esclavages, par lequel débute le parcours m'a immédiatement plongée dans la thématique mise en exergue par ce lieu.

En outre, son architecture, ouverte sur la Loire et peu lumineuse à mesure que l'on s'enfonce dans ses entrailles,  fait écho aux cales des bateaux où étaient entassés les esclaves. 

Enfin,  le bois utilisé renvoie au pont des bateaux négriers.

    Durant tout le parcours, la réflexion se poursuit avec notamment l'énoncé de textes juridiques énonçant les principes de liberté, prohibant l’esclavage et le dénonçant également (  deuxième Décret d'abolition de l'esclavage en France du 27 avril 1848 dont Victor Schoelcher fut l'initiateur, Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et loi mémorielle française du 21 mai 2001 reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité) ainsi que des cartes permettant de mesure l'ampleur du commerce triangulaire.

Le Mémorial doit  donc figurer, par devoir de mémoire, sur tout itinéraire de découverte consacré à Nantes.

























RETROUVER SON ÂME D'ENFANT AUX MACHINES DE L’ÎLE

le célèbre éléphant
   Si vous rêvez d'une plongée dans un univers futuriste qui vous rappellera les romans de Jules Verne, faites escale aux Machines de l’ Île.

Ces dernières se sont installées, en 2007, dans d'anciens hangars utilisés par les chantiers de construction navale.

   Aux beaux jours, vous pourrez profiter de la mascotte des lieux, un éléphant, haut d'une dizaine de mètres et pesant pas loin de 50 tonnes, à bord duquel il est possible de faire une ballade de près de trois quart d'heures dans les rues de la ville !

Autant vous dire que vous retomberez directement en enfance en l'attendant barrir et en le voyant arroser, de sa trompe, les spectateurs se trouvant sur son passage !

   Malheureusement ce fabuleux spectacle n'ayant pas cours en hiver, je n'ai donc pu prendre le mastodonte en photos qu'à l'arrêt.




street art juste à côté des hangars

DÉCOUVRIR L'AMBIANCE TRENDY D' UNE ANCIENNE BISCUITERIE

A l'intérieur du Lieu Unique
LU et BN, des marques qui ont bercé mon enfance !

Les goûters sans leurs biscuits au chocolat n'avaient vraiment pas la même saveur, sauf peut être lorsqu'ils étaient remplacés par les boflotos, ces beignets saupoudrés de sucre qui font le ravissement gustatif de tous les enfants en Cote d'Ivoire (bon je m'égare).

   A Nantes, et après avoir servi de lieu de fabrication, l'ancienne usine des biscuits LU a débuté une nouvelle vie, dans les années 2000, lorsqu'elle a été reconvertie en un espace consacré à l'Art contemporain ( quelque soit sa forme) : le Lieu Unique

On peut, en effet, s'y restaurer, assister à des expositions ou des spectacles,  acquérir des livres, découvrir les différents espaces dédiés à la création, se délasser dans le hammam qui y a été installé ou encore visiter la Tour Lu qui offre un panorama exceptionnel sur la ville.

Drôle de destin certes mais une transformation, à mon sens, réussie !

  En ce qui me concerne j'ai adoré faire une petite pause, dans ce lieu atypique, pour déguster un succulent jus de fruits après avoir marqué un arrêt à la librairie !











REMONTER  LE TEMPS EN EMPRUNTANT UN PASSAGE AU CŒUR DE LA VILLE

passage Pommeraye
     A quelques mètres de la rue Crébillon, la principale artère commerçante de la ville faisant d'ailleurs figure de Champs Elysées locaux, se trouve un autre haut lieu de shopping nantais.

Il s'agit du passage Pommeraye, un passage couvert construit sur 3 niveaux, ouvert au public vers le milieu du 19 ème siècle.

On y vient pour faire du shopping, tout en étant au chaud, ou tout simplement pour admirer son central et monumental escalier.

   Un endroit plein de charme qui m'a aussitôt rappelée ses pendants parisiens à l'instar de celui du Havre, de Vivienne ou des Panoramas.

Un lieu qui saura, j'en suis certaine, vous séduire !






SE RÉGALER A L'UNE DES MEILLEURES TABLES DE LA VILLE



   A Nantes, comme partout ailleurs en France, vous trouverez de superbes endroits où prendre l'apéro et déguster de délicieux mets mais s'il y a bien un restaurant incontournable à ne pas rater, et dont le nom est d'ailleurs sur toutes les lèvres, c'est la CIGALE

Situé aux abords de la place Graslin et de son grand théâtre,  aux statues et colonnes lui conférant un air antique, cette brasserie art nouveau, ouverte à la fin du 19 ème siècle et désormais classée aux monuments historiques, mérite que l'on s'y attable !

En premier lieu pour le plaisir des yeux : car admirer son décor fait de miroirs, mosaïques et bois dorés est déjà un premier voyage de choix.

Puis pour celui des papilles, le plus important à prendre en considération me direz vous lorsque l'on décide de dîner à l'extérieur !. 

   J'ai, pour ma part, été conquise par la cuisine de la Cigale : délicieuse, bien présentée et mettant en avant des spécialités régionales.

En outre,  le personnel est d'une amabilité et d'une efficacité exceptionnelle !

Alors faites vous plaisir :)

la place Graslin alors en travaux et son théâtre




EXPLORER LE CHÂTEAU DES DUCS DE BRETAGNE ET SON MUSÉE

sculpture de la duchesse Anne de Bretagne

    Cchâteau fort avec ses douves, son pont levis et ses cours vaut à lui seul le détour.

Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin et visitez le très instructif musée, consacré à l'histoire de Nantes, qu'il héberge.

   Un parcours très bien mené, s'appuyant entre autre sur des dispositifs multimédias,  qui n'oublie, de surcroît, pas de lever le voile sur la traite négrière !

Assez rare pour que cela mérite d'être souligné :)

Bref j'ai adoré !




















 Et si le cœur vous en dit, vous pouvez également partager avec moi vos impressions, émotions et pourquoi pas interrogations après lecture de cet article. 

Si si n'ayez pas peur :)

     Pour laisser vos commentaires c'est donc, un peu plus bas, juste après le logo du Journal d'un Pigeon Voyageur et le libellé de l'article.

Alors à vos plumes !

NB: Il vous faudra prouver que vous n'êtes pas un "ordinateur" pour voir votre commentaire 



Libellés : , , , , , , , , ,